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Atelier sur la lutte contre la traite des personnes et l’immigration illégale
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| 19/04/2015 |
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Une table ronde sur la lutte contre la traite des êtres humains et l'immigration illégale a été organisée dans la salle de visite et ce fut une occasion pour Mme Mona Rishmawi ; présidente du Département de la Primauté de la loi ,de l’Egalité et de la Division de la non-discrimination à l’Office du Haut-commissaire aux droits de l'homme pour prononcer un discours dans lequel elle a déclaré que l'atelier d’aujourd'hui aborde deux problèmes qui sont le plus souvent liés entre eux, à savoir la traite des êtres humains et le passage des immigrants ,problèmes qui sont autant de facteurs qui facilitent l'exposition des personnes aux violations des droits de l'homme. Elle a aussi indiqué que la traite des personnes et leur passage à lieu dans de nombreux endroits. D’ailleurs, les situations de sauvetage d’humains se trouvant dans des navires coulant dans la mer est une bonne preuve de la frustration des gens et de leur tentative à échapper à la pauvreté et à la faim, ce qui nécessite des droits pour les protéger de l’exploitation. Elle a souligné que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme a toujours défendu les droits humains et la lutte contre la traite des êtres humains tout en venant en aide aux États en matière de droits et en fournissant une assistance pratique aux États pour l'interdiction de la traite des êtres humains.
Elle a ajouté que la traite et le passage des êtres humains conduisent à un marché mondial qui cherche une main-d'œuvre à bas prix en vue de son exploitation. L'approche fondée sur les droits humains exige un examen des actions et des déclarations faites par les pays, ce qui contribue à garantir des conditions qui permettent à d’autres parties de tirer avantage des conditions de leur exploitation des lois non appropriées et des politiques relatives aux conditions de l'immigration illégale.
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Elle a indiqué que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme se félicite de la coopération avec les partenaires en particulier l'OSCE en Europe afin de promouvoir l'approche fondée sur les droits humains vis-à-vis du passage et de la traite des êtres humains. D’ailleurs notre présence parmi vous aujourd'hui a pour objectif de promouvoir et d’appuyer la recherche et l'échange de bonnes expériences ainsi que les approches fondées sur les droits humains dans ce domaine.
De son côté Mr Bernady Hema Njuay directeur de la Division de l'Immigration à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait valoir que, même si les causes de l'immigration illégale sont nombreuses, nous n’en mentionnerons que les trois les plus connues. Il s’agit des conflits armés tels que ceux que nous voyons dans de nombreux pays, de conflits ethniques, de raisons économiques. Ces dernières ne sont pas l’apanage d’un pays particulier. Il y a aussi la question du chômage, l'absence d'un niveau de vie décent, ainsi que l'immigration illégale pour des raisons humanitaires. Il s’agit de personnes qui se trouvent réduites à l'immigration pour l’une des raisons n° 1 et n° 2. Le plus souvent elles cherchent à échapper à la mort. Elles sont obligées d’agir ainsi. Quiconque arrive de cette manière est considéré comme réfugié.
Il a ajouté que l'immigration illégale pour des raisons économiques est faite par des gens qui sont à la recherche de l’immigration comme nous l'avons expliqué dans la cause n° 3. Elles ne sont pas en danger de mort, mais en raison de la difficulté de la vie dans leurs pays elles sont à la recherche de l'immigration illégale. Cependant, leurs raisons ne leur justifient pas le suivi de ce chemin dangereux que nous ne recommandons à personne quelque soient les raisons, nous lui recommandons plutôt d’essayer de trouver une autre voie plus sûre.
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Il a expliqué que l'immigration illégale est un danger dont aucun pays n’est à l’abri. Ainsi, les pays développés souffrent à cause de ceux qui s’y infiltrent par des moyens illégaux, ce qui peut provoquer des crises sur le plan sécuritaire et économique. Quant aux pays pauvres ou en voie de développement, ils souffrent eux aussi en voyant leur jeunesse les abandonner pour s’exposer à la mort à la recherche d’une vie décente. Il a noté que les jeunes mettent leur vie en danger pour réaliser un rêve qui les a souvent hantés, à savoir le rêve du succès après l'échec. Il s’agit d’une jeunesse qui n'a pas trouvé un moyen pour vivre avec dignité dans son pays d'origine. Face aux mauvaises conditions politiques, économiques, sociales qu’ils ne peuvent plus supporter, ils fuient à la recherche de cieux plus cléments, rêvant d'une vie meilleure où les possibilités de travail sont plus abondantes et les rendements financiers plus juteux en comparaison avec ceux offerts par l'économie faible de leur pays.
Il a dit que le phénomène de l’immigration est un phénomène mondial et que les chiffres officiels ont confirmé que plus de trois mille immigrés sont morts sur les plages italiennes à cause de passeurs sans scrupules alors que plus de 500 000 immigrants sont morts pour différentes raisons dont la recherche d’une vie meilleure. Ce sont là les chiffres officiels quant aux chiffres réels ils sont probablement plus inquiétants. Il a aussi souligné que les pays européens tentent avec toute leur énergie d’éradiquer ce fléau et d’arrêter les groupes d’immigrés qui arrivent aux rivages d’Europe par des mécanismes dont le moins qu'on puisse en dire est que leur sécurité ne tient aucun compte des conditions économiques et sociales qui poussent les jeunes à sacrifier leur vie pour trouver des emplois et réaliser leur rêve d'une vie meilleure.
Il a expliqué que tout le monde a négligé le vrai problème qui a conduit les jeunes à sacrifier leur vie alors que les médias ont traité la question de manière à rendre ces jeunes criminels aux yeux de l'opinion publique, tout comme elles les ont dépeints comme étant un tas de jeunes fainéants courant derrière le mirage des gains faciles au lieu de faire des efforts dans leur propre patrie. Il a aussi indiqué que l'immigration pose en général des problèmes principalement liés à l'intégration des immigrants et aux façons de les faire jouir de tous les droits conformément aux lois nationales et internationales, car le phénomène le plus inquiétant concerne l'immigration illégale.
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Quant à Mr Hamad Suleiman Nadhir, conseiller au ministère de l'Intérieur au Royaume d'Arabie saoudite, il a indiqué que le royaume estime à sa juste valeur le rôle que jouent les travailleurs immigrants ainsi que leurs pays pour contribuer au développement global que connait le Royaume qui, tout de même, a toujours fait face à une augmentation du nombre des clandestins ou ceux qu’on appelle les immigrés illégaux et leur passage vers son territoire.
Il a fait remarquer que cela a eu pour résultat une augmentation conséquente du taux de criminalité parce que beaucoup d'entre eux se sont engagés dans le cercle du crime organisé, de la drogue, de la traite des êtres humains, de l’usage de la fraude vis-à-vis des règlements pour mettre en place des chaînes suspectes pour assurer le transferts de fonds en dehors du champ de canaux bancaires légaux , chaines qui sont exploitées pour le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ce qui a nécessité la prise des mesures urgentes pour réduire ces pratiques.
Mr Hamad Suleiman Nadhir a dit aussi que le royaume estime que la responsabilité incombe aux pays exportateurs de travailleurs illégaux pour arrêter les violations des droits fondamentaux de l'homme par les passeurs.
Il a noté que le Royaume estime qu’il est nécessaire que la Déclaration de Doha comporte une exhortation des pays, en particulier les exportateurs d'immigrants illégaux, pour mieux renforcer les contrôles aux frontières, aggraver davantage les peines des trafiquants et encourager la coopération avec d'autres pays pour mettre en place des moyens susceptibles de faire retourner les immigrants à leur pays d’origine en toute sécurité, et faire le maximum de coopération pour détecter les passeurs et les criminels qui se cachent parmi les immigrés illégaux.
Il a souligné que le Royaume estime qu'il convient d'adopter une approche globale, multidisciplinaire vis à vis de la traite des êtres humains, du passage d’immigrants, de la violence contre les immigrants, les travailleurs immigrants et leurs familles. Il a fait une comparaison entre, d’une part la justice pénale et les considérations des droits de l'homme de l’autre part.
Pour sa part Mme Madina Djerba Snova représentante spéciale pour la lutte contre la traite des êtres humains, la protection des victimes de la traite est l’un des plus importants défis auxquels sont confrontés les pays du monde entier, par conséquent ils sont obligés de trouver les moyens appropriés pour protéger les personnes qui risquent de tomber victimes de la traite des êtres humains, en notant que le trafic humain est devenu un phénomène criminel grave pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales. Les Etats de l’OSCE tentent d’affronter ce phénomène mais il y a de nombreux pays où ce phénomène est très répandu et où donc l'esclavage s’exacerbe car il constitue la pire des formes de l'exploitation de l’homme, sans parler des autres crimes plus graves encore comme le trafic des membres qui est un cas malheureux qui nécessite de la part de la communauté internationale une certaine synergie pour l’éradiquer définitivement.
Elle a souligné que la traite des personnes ne se pratique pas seulement entre les pays et les continents, mais aussi à l’intérieur du même pays, tels l’exposition des femmes et des hommes à l’'exploitation sexuelle et non sexuelle et le travail en contrepartie de salaires de misère de sorte que les concernés mènent presque un travail forcé, etc. Ce crime constitue la plus grande activité illégale menée dans le monde et qui chaque année devient plus active parce que les passeurs y voient une opération moins risquée que, par, le trafic des stupéfiants, d'armes et ainsi de suite, et qu’elle est l'un des genres de commerce de l'esclavage contemporain, qui constitue une menace multidimensionnelle pour toutes les nations. En effet, en plus de la souffrance humaine à cause de la violation des droits de l'homme, elle est devenue plus graves pour les cas de santé pour l’homme du fait qu’elle facilite la propagation de maladies infectieuses.
Elle a parlé des facteurs qui contribuent à l’exacerbation de ce phénomène, à savoir la corruption des gouvernements qui représente une contrainte majeure en face d'un tel crime dans plusieurs pays. L’ampleur de la corruption des gouvernements se rapportant à la traite des personnes varie du cas où elle peut être contenue jusqu’au cas où elle devient incontrôlable. Il incombe donc aux pays de faire face à une telle corruption officielle, de développer leurs outils pour les rendre plus efficaces et surtout plus capables de traiter le problème, d'éliminer la corruption et de renforcer la lutte contre la traite des êtres humains.
Enfin elle a fait observer que ce genre de commerce est le plus facile parmi les autres genres où la traite des humains n’est pas une bonne chose, mais c’est un problème qui s’exacerbe rapidement. Ainsi, il y a plusieurs facteurs qui ont conduit à cela tels les gains faciles qui sont obtenus à partir de l'exploitation des individus, l’exclusion, la marginalisation, la discrimination contre les femmes, ainsi que les lois qui imposent des restrictions à l'immigration et le manque d'information sur les réalités et les dangers de la traite des êtres humains, sans parler d’autres raisons qui participent à la croissance de ce phénomène.
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