Page d’actualité

 
 
   

 

 Poursuite des assises générales du Congrès des Nations Unies pour la troisième journée consécutive

20/04/2015

 

1

La session générale de haut niveau du troisième Congrès des Nations Unies sur la prévention du crime et la justice pénale, tenue à la Salle de Rayyan Hall a vu la participation d’un grand nombre de personnalités de haut niveau qui ont présenté leurs visions sur les expériences de leurs pays en matière de lutte contre le crime et l’établissement de la justice pénale.

Au début de son intervention, Mr Antonio da Costa Mora, ministre de la Justice du Portugal a déclaré que son pays joint sa voix à celle de l'Union européenne pour réclamer la mise en œuvre de politiques plus strictes dans le domaine de la prévention du crime et de l’établissement de la justice pénale en soulignant que les récentes réunions du treizième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale organisé à Doha est une occasion importante pour l’échange des points de vues dans le domaine de la prévention du crime et la justice pénale.

Il a expliqué que le congrès manifeste une grande importance pour la coopération pour en de la lutte contre le crime économique et financier et la corruption, le crime électronique, le trafic des humains, le terrorisme, la violence domestique, la violence contre les femmes et les enfants, les personnes âgées, les groupes vulnérables qui sont autant de situations qui sapent la primauté du droit. Le Ministre portugais a souligné que la Déclaration de Doha permet d’atteindre les ambitions des nations rassemblées pour le treizième Congrès des Nations Unies sur la prévention du crime et la justice pénale. 

Il a ajouté qu’il y a des pratiques extrajudiciaires qui, dans leur ensemble, violent les droits de l’homme et les libertés publiques, ce qui à son tour se répercute sur le niveau du bien-être et de la sécurité des citoyens et des innocents. Il a indiqué que dans le monde de la mondialisation on doit principalement compter sur les outils de coopération internationale pour répondre à ces défis qui sont considérés un adversaire à l'application et à la primauté du droit, de sorte qu’on ne puisse pas dire avec certitude qu’une partie puisse y répondre individuellement. En effet, la redynamisation de la justice et la primauté du droit exige une concertation collective tangible. 

2

Il a ajouté que le Portugal a pris beaucoup de mesures appropriées en vue de la prévention du crime et l’établissement de la justice pénale grâce à l'élaboration de législation et de lois conformes aux législations internationales des Nations Unies, soulignant que son pays a adopté des mécanismes pour combattre la corruption, ce fléau qui détruit tous les éléments de développement et augmente la pauvreté et le taux de criminalité. En conséquence, le Portugal s’en tient à la culture du bannissement de la corruption sous toutes ses formes.

Il a ajouté que son pays considère que le trafic des humains est une sorte de crimes majeurs, faisant allusion à la prise par son pays de mesures judiciaires pour empêcher le blanchiment d'argent et pour la lutte contre le terrorisme, à travers une vision nationale globale en ligne avec les normes et les mécanismes des droits humains, dans la mesure où le Parlement portugais est en train de débattre de projets visant à lutter contre la corruption tant au niveau national qu’international . Ces lois seront bientôt adoptées.

En ce qui concerne les législations juridiques, il a souligné que le gouvernement a organisé des discussions et des débats sur la protection des enfants et la prévention de leur exploitation de quelque manière que ce soit. Il a également présenté un projet de loi pour la mise en place de fichiers pour les criminels qui exploitent les enfants et les femmes. Il y a aussi une loi spéciale pour protéger les personnes âgées ainsi que des mesures de réforme dans le domaine de la justice pénale pour poursuivre les criminels et protéger les droits des victimes.

De son côté Maria Barradas, Représentante permanente de la France auprès des Nations Unies à Vienne, a déclaré que la France ajoute sa voix à celle de l'Union européenne en ce qui concerne les politiques de la prévention du crime et l’établissement de la justice pénale tout en soulignant l'importance du congrès organisé par Doha dans la mesure où il met la communauté internationale devant ses responsabilité pour la prévention du crime et l’établissement de la justice. 

3

Elle a souligné aussi que le crime menace la sécurité et la stabilité des sociétés ainsi que leur bien-être, notant au passage que le renforcement de la coopération internationale, en particulier la Convention de Palerme qui même si elle est vielle de plus 15 ans, ne dispose pas malheureusement de mécanismes de mise en œuvre. Par conséquent nous appelons la communauté internationale à travailler pour identifier un mécanisme clair pour la mise en œuvre de cette Convention.

Elle a indiqué aussi que la Déclaration de Doha instaure une nouvelle phase pour la prévention du crime et l’établissement de la justice pénale, tout en faisant valoir que l’on doit s’appuyer sur des bases juridiques à même de garantir des procès équitables. Elle a souligné enfin que la France s’oppose fortement à la peine de mort et a demandé à tous les pays participants de l’abroger dans les plus brefs délais.

Pour sa part, Atzmann Bodman, le Représentant permanent de l'Indonésie auprès des Nations Unies à Vienne, a déclaré que son pays soutient ce qui a été adopté par le Groupe asiatique des 77 en ce qui concerne la prévention du crime et l’établissement de la justice ,soulignant que le congrès de Doha est un forum important pour les États et les gouvernements désireux d’ échanger des vues et de découvrir de meilleures méthodes pour la lutte contre le terrorisme.

Il a souligné l'importance de la relation entre le développement durable d'une part et la primauté du droit et la prévention du crime , d'autre part, en rappelant que l'Indonésie a une longue histoire de lutte contre les organisations criminelles et terroristes , les stupéfiants et le trafic des êtres humains. Il a dit aussi que son pays a rendu le système judiciaire une partie intégrante de son plan de développement.

Pour sa part, son excellence l'ambassadeur Khalid Shamaa, représentant permanent de la République arabe d'Égypte auprès des Nations Unies à Vienne, a indiqué qu’on ne peut avoir de lutte contre le crime organisé, que lorsqu’il y a une collaboration organisée même si le crime transfrontalier organisé constitue un phénomène complexe et à multiples facettes, l’organisation de la lutte menée contre celui-ci est une approche souhaitable. 

4

Son excellence l’ambassadeur Khaled Chemaa représentant permanant de la République Arabe d’Egypte près de l’organisation des Nations Unies à Genève a affirmé à son tour que l’Egypte tient à déployer tous les efforts possibles pour contrecarrer le crime organisé et transfrontalier dont le trafic de drogue, des armes et la traite des personnes ainsi que les nouvelles formes du crime telle que la cyber criminalité et la piraterie des œuvres culturelles. L’ambassadeur a exprimé l’approbation de l’Egypte de l’adoption par la Nations Unies des principes d’orientation à la fin de l’année passée conformément à la réglementation en matière de prévention du crime et de la justice pénale pour faire face au trafic des œuvres culturelles. Il a ajouté que l’Egypte aspire à plus d’engagement international pour lutter contre ce phénomène afin d’aboutir à une nouvelle convention internationale qui vient renforcer les efforts de lutte contre ce crime. l’Ambassadeur a dit que le terrorisme est parmi les principaux dangers qui requièrent une attention particulière au niveau de tous les pays et toutes les organisations compte tenu des multiples menaces qu’il fait courir aux actions de développement et au processus d’évolution politique, sociale et économique. Le diplomate a souligné la nécessité de renforcer la coopération et conjuguer les efforts sécuritaires et judiciaires pour faire face à ce phénomène ho combien dangereux. Il a précisé que l’Egypte croit à la nécessité d’adopter une approche globale pour faire face au terrorisme, une approche qui soit adaptée à toutes les formes d’activités terroristes à l’échelle mondiale et qui traite l’ensemble des facteurs qui entrent en jeu dans le processus terroriste tel que le financement du terrorisme, l’incitation à la violace, l’hébergement des terroristes et le refus de les livrer. Il a également insisté sur l’importance de faire accompagner la lutte contre le terrorisme par d’autres moyens dont le rôle dévolu aux institutions religieuses, éducatives et de communication en matière de vulgarisation de la modération, les valeurs de la tolérance, l’entente et l’acceptation de l’autre.

De son côté Monsieur Christian Udjard Ministre conseiller membre de la mission permanente du Norvège au siège des Nations Unies à vienne, a annoncé l’opposition de son pays à l’application de la peine capitale contre les criminels condamnés à mort insistant sur la nécessité de prévoir des clauses restrictives dans les lois nationales avec une volonté de coopération judiciaire pour abolir la peine de mort car cette forme de punition irrattrapable est selon lui, inhumaine, très violente et hotte le droit de vie alors que la justice moderne doit adopter une méthode plus convenable pour punir les criminels.

Il a rappelé que de nombreux indicateurs prouvent que la peine de mort ne dissuade pas de l’accomplissement des crimes, bien au contraire les recherches scientifiques ont démontré que l’emprisonnement de longue durée et plus dissuasif que la peine capitale. Monsieur Christian Udjard a encouragé les pays n’ayant pas encore aboli cette peine de le faire. Le Ministre Norvégien a précisé que combattre la violence par la violence, la mort par la mort ne réalise pas l’objectif escompté et ne garantit pas les solutions durables aux problèmes posés mettant l’accent sur les liens avérés entre la justice et le développement. Le monde a besoin donc d’attendre ce que nos gouvernements fixeront à New York comme objectifs pour le développement et la lutte contre le crime organisé, la traite des personnes et le trafic des armes ainsi que la défense des droits de l’homme et des peuples.

Par ailleurs, son excellence Madame Ivid Vane Ikhoud Ambassadrice de Holland à Doha a parlé du rôle de son pays dans plusieurs programmes de lutte contre la piraterie, la traite des personnes, la destruction de la faune ainsi que de l’appui financier considérable que la Holland apporte aux pays pauvres pour lutter contre les maladies et la pauvreté. Elle a insisté sur la nécessité de la mise en place des juridictions pénales pour contrecarrer le crime et pour appuyer les systèmes de justice pénale. Elle a dit que les pays pauvres et vulnérables connaissent une montée de la criminalité et du terrorisme d’où la nécessité d’une méthode globale et un engagement international qui appelle une assistance militaire soutenue qui contribue à la réalisation d’un développement économique durable. C’est pourquoi la Hollande contribue par plus de 500 soldats comme appui militaire au Mali. Elle assure également la formation des institutions judiciaires dans ce pays afin de réunir les conditions de lutte contre le crime et la réalisation de l’objectif de développement. L’Ambassadrice Hollandaise près de Doha a ajouté que pour mettre un terme à la cybercriminalité son pays s’attend à l’application de la déclaration de Doha elle a exprimé la disposition de son pays à appuyer toutes les démarches pour son éradication en collaboration avec tous les pays du monde. Dans le même contexte, Monsieur Simon Mjouna Marouna représentant de la Namibie aux Nations Unies à Vienne a parlé des mesures entreprises par son pays pour la prévention du crime et la justice pénale dont la ratification des accords internationaux pour la lutte contre le terrorisme et la gabegie. Il a rappelé également que son pays a adopté une stratégie nationale de lutte contre le trafic de drogue en partenariat avec plusieurs agences internationales et organisations non gouvernementales ainsi que pour faire face aux crimes économiques et aux questions de mauvaise gestion.

Il a précisé que son pays a entrepris l’application d’une réglementation spécifique pour la lutte contre la gabegie, le terrorisme et le viole avec l’élaboration de nouvelles lois pour les institutions de réhabilitation et les établissements pénitentiaires parallèlement à la mise en place d’un plan d’action nationale pour assurer le bien-être des citoyens, prévenir les violences faites aux femmes et aux enfants, le harcèlement, la traite des personnes, le trafic de drogue et bien d’autres crimes qui contribuent à accentuer la pauvreté, les conflits et la violence sociale.

Le représentant de la Namibie aux Nations Unies a rappelé que son pays lutte contre la pêche illicite et œuvre à la promotion de réglementation pour faire face à la piraterie, aux crimes financiers, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sollicitant l’aide de la communauté internationale pour son pays dans ses efforts pour l’instauration de la sécurité et la stabilité surtout que la lutte contre la criminalité requiert une approche globale intégrée.
De son côté Megdi Matinass secrétaire général adjoint directeur du programme des Nation Unies pour le développement, a mis l’accent sur l’importance du développement pour éliminer la violence et maitriser les crimes. Sans la lutte contre ces activités aucun pays ne réalisera un progrès sur le plan de la justice pénale car la justice est une partie intégrante de la communauté internationale réussie.
Quant à Monsieur Alixiss Lisnkov de l’organisation de la sécurité et de la coopération en Europe, il a mis l’accent sur le point de vue de l’organisation à l’échelle mondiale précisant les domaines de coopération militaire et environnementale et les mécanismes d’octroi de l’aide, l’élaboration des stratégies, la formation, le renforcement des capacités et l’application des lois adoptées par l’organisation.

Il a dit que la cyber criminalité connait une recrudescence c’est pourquoi un programme a été mis en place afin de promouvoir les mécanismes de lutte contre l’extrémisme, le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive et la garantie des libertés ajoutant que son organisation organise plusieurs conférences de lutte contre la drogue et procède au renforcement des efforts de surveillance des frontières pour prévoir le crime et le trafic insistant sur la nécessité d’unifier les efforts de tous les pays et organisations sous régionales et internationales avec le renforcement des capacités et l’échange des expériences pour permettre aux pays d’anticiper sur l’activité des criminels et prendre les mesures pour les affronter grâce à l’échange des expériences pour réprimer les auteurs des crimes notamment les crimes transfrontaliers.

Madame Monsieur Joudi Land Directrice auprès de la commission Australienne des capacités a dit que son gouvernement adhère aux décisions pris par le congrès au sujet de la violence contre les femmes et les enfants et les violences au sein de la famille.

Elle a ajouté que le rythme accéléré de la mondialisation a encouragé la criminalité, et il est du devoir des pays de s’unir pour limiter les crimes favorisés par le développement technologique fulgurant et renforcer notre coopération pour un avenir meilleur.

Elle a précisé que l’Australie approuve avec force les efforts des Nations Unies pour prévenir la traite des personnes et dans ce cadre l’Australie a ratifié le protocole de lutte contre le trafic des émigrés et la poursuite des auteurs de ces crimes. Elle a ratifié également les protocoles internationaux réprimant ce crime tel que le protocole de Balli qui insiste sur les mécanismes pratiques de lutte contre la traite des personnes. Et nous œuvrons à la promotion du travail dans ce cadre à travers l’échange des informations.

Elle a attiré l’attention sur la maitrise des moyens technologiques par les terroristes qui s’en servent pour propager la violence jusqu’au cœur de nos foyers. Mais l’Australie a pris de nombreuses mesures pour empêcher l’affluence des combattants y compris l’annulation de leurs passeports. Elle a dit que son gouvernement a mobilisé le montant de 630 Millions de Dollars australiens pour appuyer le programme de lutte contre le terrorisme au cours des quatre prochaines années, une partie de cet appui ira à la lutte contre l’extrémisme.